Quelle est l’origine du nom des notes?

Après avoir appris la notation américaine, énormément utilisée dans la pop et le jazz, nous verrons l’origine des fameuses notes Do Re Mi Fa Sol La Si Do! Savez-vous qu’elles remontent à environ 1000 ans?

Une idée phénoménale!

Nous sommes au temps des chevaliers… Le Moyen-Âge! Plus précisément, nous suivons la vie d’un moine ayant vécu de 992 à 1050 (après J.-C). Ce moine s’appelle Guido d’Arezzo, et un beau jour il eut une idée brillante: donner un nom aux notes en s’inspirant d’un hymne grégorien, le fameux Ut Queant Laxis. Si vous souhaitez écouter cet hymne mythique, je vous donnerai un lien à la fin de la leçon.

Hymne Ut Queant Laxis

On se retrouva donc avec les notes suivantes: Ut Re Mi Fa Sol La. Ce système s’appelle hexacorde musical (= suite de six notes). La note « Si », originellement écrite « SJ » sur les paroles de l’hymne, n’arriva que plus tard dans l’histoire. Et ce n’est pas la seule différence avec le système qu’on utilise aujourd’hui. En effet, la note Ut peut vous paraître étrangère. Avec le temps, la note « Ut » a changé d’appellation et s’est transformée en « Do ». Cependant, on utilise encore aujourd’hui le mot « Ut » pour nommer les clés d’Ut.

Ce n’est cependant pas tout: il y a une autre très grande différence avec ce système. A l’époque, on utilisait en effet cet hexacorde pour appliquer la solmisation.

Qu’est-ce que la solmisation et comment l’appliquer?

La solmisation est un système de nomenclature des notes (façon de donner un nom aux notes) et de les déplacer à différentes hauteurs. Pour ce faire, il faut retenir qu’entre le mi et le fa, un demi-ton est présent, alors qu’entre les autres notes, il y a un ton entier.

  • Ut – Re – Mi – Fa – Sol – La en tons et demi-tons: Ut – 1 – 1 – 0,5 – 1 – 1

Une fois que ce point est clair, nous pouvons observer l’image ci-dessous. Dans les deux cas, les notes ont les mêmes noms. Pourtant, elles ne sont pas à la même hauteur! On vient en effet d’appliquer la solmisation, puisque malgré le changement de hauteur des notes, la suite d’intervalles en tons et demi-tons est respectée.

Exemple d’application de la solmisation de Guido d’Arezzo

Aujourd’hui, on aurait écrit DO RE MI FA SOL LA pour la première ligne, SOL LA SI DO RE MI pour la deuxième. Mais sachant que la suite d’intervalles est exactement la même dans les deux cas, ce serait bien plus simple de les nommer de la même façon..!

C’est peut-être ce que Guido d’Arezzo avait pensé à l’époque. Certes, on perd de la précision du point de vue théorique, mais ce système permet de favoriser grandement l’apprentissage musical. En effet, une mélodie inconnue peut être déplacée à différentes hauteurs en gardant le même nom de notes, rendant très facile la transposition. Et ce n’est pas tout! Figurez-vous qu’encore aujourd’hui, certaines écoles de musique enseignent la solmisation. En Suisse, le meilleur exemple est l’utilisation de la méthode « Kodàly ».

Comment faisaient-ils pour nommer les notes avant le système de Guido d’Arezzo?

Bonne question! En réalité, il existait déjà un système de notation, appelé le gamut. C’est un système basé sur des traités théoriques grecs, et ressemble énormément à la notation américaine apprise à la dernière leçon. En effet, les notes étaient nommées avec les lettres de l’alphabet, soit A B C D E F G. Etonnant n’est-ce pas?

Si ce sujet vous passionne…

Vous pouvez lire l’article sur la musique médiévale, mais sachez qu’il est assez complexe.

Alternativement, une brève écoute de l’hymne Ut Queant Laxis peut être très intéressante. Bien qu’évident, notez qu’il s’agit d’une reconstruction.

Merci pour votre lecture, j’espère que cette leçon découverte vous a plu et surtout, fait découvrir quelque chose!